Les principaux point de couture

Faisons le point sur les points de la machine à coudre

Partagez-moi !
  • 81
    Partages

Lorsque j’ai commencé la couture, il y a une question qui me tracassait pas mal l’esprit : quel point dois-je utiliser pour coudre mon projet ? Rappelez-vous votre achat de machine à coudre. Souvenez-vous comme le vendeur avait insisté sur le nombre de points de couture que possédait votre future machine. Mais une fois revenu chez vous, vous vous êtes rendu compte qu’à part le point droit et trois ou quatre autres vous n’utilisiez jamais les autres points proposés. Et si on voyait ensemble à quoi servent tous ces points ?

Le point droit

Le point droit de votre machine à coudre, c'est 95% d'utilisation !Difficile de passer à côté, c’est le point de base de la machine à coudre ! D’ailleurs, certaines machines anciennes, de même que les « piqueuses » professionnelles ne font que ce point de couture !

C’est le point que vous utilisez la plupart du temps. Pour assembler le tissu, pour faire un ourlet, pour coudre une fermeture éclair, pour faire une surpiqure, pour poser un biais et même pour froncer le tissu !

La longueur du point a son importance : en général, il est réglé sur 2,5 millimètres, ce qui est bien pour la plupart des travaux de couture que vous avez à faire. Pour des tissus fins, il faudra raccourcir le point droit. Pour les grandes épaisseurs, il faudra le rallonger.

 

 

Le point zigzag

Ce point de couture a plusieurs utilités : d’une part, il sert à surfiler les bords de votre tissu si votre machine ne propose pas de point de surfil (voir plus bas). Par ailleurs, le zigzag sert à coudre des appliqués (au point de bourdon).

Pour le surfilage au point zigzag

Le point zigzag utilisé pour surfiler le bord du tissuLe principe est relativement simple : il faut que vous piquiez le zig dans le tissu, et le zag à l’extérieur. Il faut donc placer votre pied-de-biche au bord du tissu de manière à ce que le zigzag pique une fois dedans, une fois dehors. Et ainsi de suite. Le point zigzag de base fait aux alentours de 3,5 millimètres de large, pour une longueur de 1,5 millimètre. Plus le tissu s’effiloche, plus il vous faut allonger le point.

Une autre méthode de surfilage consiste à piquer le zig et le zag dans le tissu, puis de couper avec un ciseau au ras de la couture en prenant bien garde à ne jamais couper le fil. Cette méthode est cependant plus longue à réaliser, mais on obtient des résultats plus propres.

Surfiler au point zigzag est une manière artisanale d’empêcher à vos tissus de s’effilocher. Si vous le pouvez, investissez dans une surjeteuse qui fera ce travail en deux temps, trois mouvements ! Si vous avez besoin d’être convaincu, j’ai écrit un article sur le sujet à cette adresse !

Coudre un appliqué au point zigzag

Un appliqué, qu’est-ce que c’est ? C’est tout simplement un motif de tissu cousu sur votre création, pour l’enjoliver ou cacher quelque chose (une déchirure, par exemple).

Pour plaquer un appliqué, il vous faut au préalable réduire la longueur et la largeur de votre point de couture. Idéalement, il vous faut choisir une largeur de 2 millimètres, et une longueur de 0,5 millimètre.

Le but du jeu, ça va être de coudre le contour de votre appliqué, en piquant le zig dans l’appliqué, et le zag en dehors. Ça parait fastoche dit comme ça, mais la pratique l’est bien moins ! En ce qui me concerne, il m’a fallu quatre essais avant de réussir l’étoile du carnet de santé… Sur la vidéo c’est fluide et simple, mais pendant les tests c’était pas tout à fait la même histoire ! Bref, ne désespérez pas si vos premiers essais sont ratés : c’est normal !

Le point élastique

Ce point est utilisé pour assembler des tissus stretch comme le jersey ou lycra. Attention ! Pour coudre des tissus élastiques, il convient d’utiliser une aiguille adaptée ! Les aiguilles stretch ont la pointe arrondie qui glisse entre les mailles du tissu ce qui évite que des points sautent. Ne pas faire l’effort de changer d’aiguille vous apportera que des ennuis. J’ai essayé avant vous de ne pas le faire !

Ce point à une largeur de 1 millimètre et une longueur de 2,5 millimètres dans son réglage standard. Il a l’avantage de conserver l’élasticité des tissus que vous allez coudre avec. Cela à l’avantage de garder les qualités élastiques du tissu aux coutures, et de l’empêcher le fil de casser quand on l’étend un peu.

Le point de surfil (ou overlock)

Le point de surfil, pour éviter que les bords du tissu ne s'effilochentC’est le point à utiliser si vous n’avez pas de surjeteuse (et si vous hésitez à investir dans ce type de machine, je vous conseille cet article). Le point de surjet est utilisé pour finir les bords du tissu, et l’empêcher de l’effilocher. Il est fait avec un pied à surfiler qui est soit livré avec votre machine, soit à acheter séparément (vous en trouverez ici).

Pour utiliser le point de surfil, commencez par changer de pied de biche et mettre le pied à surjet. Sélectionnez le point de surfilage de  votre machine à coudre. Positionnez le tissu à surfiler, en plaçant le bord contre le guide du pied-de-biche. Abaissez le pied et faites tourner doucement le volant de votre machine vers vous pour vérifier que l’aiguille ne touche pas le pied presseur.

Si votre point est correctement réglé, l’aiguille devrait taper une fois dans le tissu, et une fois à l’extérieur. Si c’est le cas, commencez la couture en plaçant le bord de votre tissu contre le guide sur toute la longueur que vous avez à surfiler !

Détail du pied à surfil de la machine à coudre

Le point invisible (ou point caché)

C’est un point très intéressant pour finir le bord d’un travail de couture, comme un ourlet de pantalon. Ce point est réellement invisible quand il est fait à la main. À la machine, c’est une autre paire de manches, et même en réalisant parfaitement la manœuvre, vous verrez toujours un bout de la couture. Mais c’est très discret quand c’est bien fait, et si le fil est ton sur ton, alors il faut vraiment regarder en détail pour voir la couture !

Pour utiliser ce point, il faut utiliser un pied-de-biche pour point invisible. Ce pied ressemble au pied à surjet vu plus haut. La préparation du point est importante pour que la couture soit réussie et la plus discrète possible.

Je vais tenter de vous expliquer avec des mots. Mais ce point est compliqué à verbaliser, c’est pourquoi je vous conseille de regarder attentivement la vidéo qui suit (qui n’est pas de moi, je précise !) :

Premièrement, prendre le tissu sur l’envers, et réaliser l’ourlet à la longueur voulue.

Retourner l’ourlet sur lui-même, et laisser dépasser 1 centimètre sous le pli de l’ourlet.

Coudre avec le point invisible. Les points doivent être cousus dans le centimètre sous l’ourlet, et le point séparé dans l’ourlet.

Une fois cousu, remettre l’ourlet sur l’endroit, et aplatir d’un coup de fer à repasser.

Le point de boutonnière

Je vais vous parler des points de boutonnière automatique. À l’époque de nos grands-mères, pour réaliser une boutonnière à la machine, il fallait tracer sur le tissu la boutonnière, puis la coudre au point de bourdon, puis l’ouvrir. Bref, c’était assez fastidieux ! Aujourd’hui, la plupart des machines proposent des boutonnières automatiques, ou semi-automatiques en 4 étapes.

L’utilisation de ce point se fait obligatoirement avec un pied à boutonnière, qui est fourni avec votre machine si elle dispose de points de boutonnières (logique). L’avantage avec la méthode automatique ou en 4 étapes, et que vous allez faire une boutonnière à la taille exacte du bouton. Le mécanisme s’adapte à toutes les formes de  boutons du moment que leur diamètre ne dépasse pas 28 millimètres.

Comment coudre une boutonnière automatique ?

Première chose à faire, mettez hors de tension votre machine à coudre ! Le but est de faire en sorte que la couture reste un loisir, pas de terminer la journée aux urgences.

L'installation du pied à boutonnière, avec l'abaissement de la tirettePuis, il va falloir installer le pied de biche spécial boutonnière sur votre machine à coudre. Pour cela, relevez le levier du pied-de-biche et retirez le pied déjà en place en appuyant sur le petit bouton à l’arrière. Le pied presseur devrait tomber de lui-même. Placez le pied à boutonnière sous le support de sorte à aligner le crochet du pied de biche avec l’accroche. Si le pied est un peu haut et peine à passer sous le support, vous pouvez le remonter un peu plus en relevant encore le levier.

Abaissez doucement le levier du pied-de-biche de sorte que le crochet du pied s’enclenche dans le support. Si vous avez l’ouïe fine, il devrait y avoir un petit « clic ! » Puis, vous allez abaisser la petite tirette située à gauche du pied, et venir la coincer dans le pied-de-biche comme sur la photo :

Maintenant que votre pied-de-biche à boutonnière est correctement installé, il faut le régler ! Pour cela, vous allez venir positionner le bouton pour lequel vous voulez coudre la boutonnière, dans l’étau à l’arrière du pied-de-biche. Resserrez l’étau autour du bouton, il faut qu’il soit bien maintenu par le pied-de-biche.

Installation et réglage du bouton dans le pied à boutonnière

Il est temps de passer à la couture !

Avant toute chose, avez-vous marqué sur votre tissu la position de la boutonnière ? Il est primordial de faire démarrer la couture du point au bon endroit, pour ne pas que votre boutonnière sorte de votre confection, ou soit cousue dans le mauvais sens ! Déterminez avec précision l’endroit où doit commencer la  boutonnière, et plantez-y l’aiguille !

Le pied à boutonnière est installer, on peut commencer la coutureChoisissez un point à boutonnière que propose votre machine. La mienne par exemple (la Brother FS-40), propose cinq types de boutonnières différentes. Votre choix à ce niveau-là est uniquement esthétique.

Puis, c’est le moment de coudre ! Et l’avantage avec les boutonnières automatiques, c’est que votre seul travail consiste à appuyer sur la pédale de rhéostat et de vérifier que tout se passe bien ! Vous pouvez être la plus parfaite des quiches en couture, si vous avez correctement réglé votre pied et enfilé votre machine, alors votre boutonnière sera parfaite !

Pour une boutonnière semi-automatique (ou en 4 étapes), la technique est sensiblement la même. La différence étant qu’il va vous falloir changer de point pour chaque étape de la couture de la boutonnière. Ainsi, vous commencez par sélectionner le point  « 1 » de la boutonnière, qui va coudre l’un des côtés. Une fois arrivé au bout du côté, vous changez pour le point numéro « 2 » qui va coudre l’extrémité de la boutonnière. Rebelote, vous changez le  point et revenez sur le « 1 » qui va coudre cette fois-ci l’autre côté de la boutonnière. Et enfin, vous switchez sur le point « 4 » qui  finira la boutonnière.

L’ouverture de la boutonnière

Maintenant que vous avez une belle boutonnière cousue sur votre ouvrage, il faut l’ouvrir. Ça serait dommage de ne pas pouvoir y accrocher de bouton, n’est-ce pas.

Ouverture de la boutonnière avec un découd-vite, et blocage de sécurité avec une épingle de coutureIl faut que je vous avertisse d’un truc :  cette étape peut complètement ruiner tout le travail que vous aviez précédemment fait ! Ouvrir une boutonnière est la séquence la plus délicate, car vous allez avec votre découd-vite venir découper entre les coutures de la boutonnière. Le risque est donc que vous ripiez, et que vous déchiriez plus que prévu !

Pour limiter au maximum les risques d’accident, vous allez planter une épingle à l’extrémité de votre boutonnière. Ainsi, même si votre mouvement d’ouverture est un peu brusque, l’épingle arrêtera le découd-vite en bout de course. Cela évitera les drames couturesques !

Votre boutonnière est désormais terminée, vous n’avez plus qu’à coudre le bouton à la main, et vérifier qu’il s’accroche correctement à la boutonnière.

ATTENTION : je vous conseille très fortement de vous entrainer à coudre une boutonnière sur des chutes de tissus, avant de le faire sur votre confection ! En soi, l’exercice n’est pas spécialement difficile. Mais il faut que vous compreniez bien le fonctionnement, ainsi que la position qu’aura votre boutonnière sur le tissu.

Avec quel point utiliser une aiguille double ?

Exemple de couture à l'aiguille double. Ici, double zigzag par exempleLorsque j’ai reçu ma première machine à coudre (la FS40 de Brother), elle était livrée avec une aiguille double. J’ai longtemps hésité à l’utiliser. Je ne comprenais pas avec quel point l’utiliser, ni comment la couture allait pouvoir se faire.

En fait, c’est tout simple ! Je regrette d’avoir perdu autant de temps avant d’oser utiliser l’aiguille double (ou jumelée).

La première chose à savoir, c’est que votre machine peut coudre avec ce type d’aiguille si elle fait le point zigzag. Le fait que votre machine à coudre fasse ce point vous autorise à utiliser l’aiguille double.

L’installation des bobines

Ensuite qui dit aiguille double, dit forcément deux bobines de fil. La première bobine, vous l’enfilez comme d’habitude lorsque vous cousez normalement. Pour la seconde cependant, il va sans doute falloir bricoler un peu ! En ce qui me concerne, la FS-40 dispose d’un porte-bobine supplémentaire, à fixer sur l’axe du bobineur de canette. Si tel n’est pas votre cas, il va vous falloir investir un peu d’argent dans un porte-bobine. Je vous propose celui-ci, qui a l’avantage en plus de vous permettre d’utiliser des cônes de surjeteuse (bien moins cher).

L'installation de la seconde bobine pour coudre à l'aiguille jumelée

L'aiguille double est enfilée normalementPour l’enfilage de la seconde bobine, il faut suivre le même chemin que votre fil supérieur habituel. Passez ensuite le fil dans le chas de l’aiguille droite, et vous allez pouvoir commencer la couture. Cette dernière se fait au point droit, avec le pied-de-biche standard. Certaines machines vous permettent de faire d’autres points comme le zigzag ou des motifs décoratifs, mais je vous conseille fortement de consulter le manuel pour en être certain. Si tel n’était pas le cas, vous bousilleriez l’aiguille double et vous risqueriez d’endommager votre machine à coudre.

Lorsqu’on utilise une aiguille double, les points peuvent se tasser selon le type de fil et de tissu utilisé. Si cela vous arrive, augmentez simplement la longueur du point et le problème devrait s’arrêter tout seul !


Voilà pour cette liste non-exhaustive récapitulant les différents points de la machine à coudre. Souvenez-vous que 95% du temps, c’est le point droit qui sera utilisé pour votre couture. Et surtout, faites des tests sur des chutes de tissus, pour vous assurez que votre point est correctement réglé, et qu’il correspond bien à ce que vous voulez faire !

Sur ce, bonne couture et point final !


Partagez-moi !
  • 81
    Partages
  • 81
    Partages

Auteur de l’article : Julien

Blogueur compulsif et Papa d'une magnifique petite fille, je découvre les joies de la paternité en même temps que la couture ! Depuis, j'en fais mon métier ! J'ai monté ma marque de vêtements pour enfants avec une spécialité : la salopette !

6 commentaires sur “Faisons le point sur les points de la machine à coudre

    ingrid

    (25 janvier 2018 - 10 h 08 min)

    bonjour julien
    il est très mignon votre protège carnet !! 🙂 j’adore !! juste une petite astuce que vous savez certainement déjà quand je fait des appliqués je met de la vizeline thermocollante dessous je trouve que le motif se coud mieux et j’épingle tout mes tissus avant de les coudre . a bientot pour d’ bonne continuation !

      Julien

      (25 janvier 2018 - 10 h 25 min)

      Vous avez raison, j’ai oublié de le préciser ! C’est quelque chose que je fais dans la vidéo, en plus !
      Merci et à très vite

    Gaelle

    (25 janvier 2018 - 12 h 51 min)

    Bonjour,
    Je n’ai pas encore osé la double aiguille.
    Ça fait 16 ans que j’ai commencé la couture avec la même Mac et je ne savais pas justement si elle était compatible avec cette aiguille.
    Merci de m’avoir répondu via cet article.
    Pourriez vous m’orienter vers des articles pour connaître l’utilité de cette aiguille.
    Merci

      Julien

      (25 janvier 2018 - 13 h 04 min)

      Bonjour Gaëlle ! Ravi que l’article vous serve ! Pour le moment, je n’ai pas de tuto qui utilise l’aiguille double. Mais son utilisation est principalement décorative avec les surpiqures (les ourlets des tee-shirts pas exemple).

    Soub

    (25 janvier 2018 - 17 h 27 min)

    Merci pour toutes ses explications, cela va bien m aider…
    marie

    DEMONTROND

    (25 janvier 2018 - 21 h 26 min)

    Un grand merci pour cet article : explicite avec une touche d’humour, j’ai appris des choses que je croyais savoir !! Trop fort…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *